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Le journal · Naissance d’un modèle

Louët, du bouquet de minis à la Mariannière

Louët est né d’un bouquet de minis de Bulbe Bizarre. Avant même de réfléchir à sa construction, j’avais devant moi les couleurs de ma prochaine Mariannière.

· 4 min de lecture

Marianne porte le pull Louët, une Mariannière rose aux fines rayures multicolores

Le point de départ d’un modèle n’est pas toujours une forme, un détail technique ou une construction que j’ai envie d’explorer.

Pour Louët, tout a commencé avec un bouquet de minis des Unis de printemps de Bulbe Bizarre.

Plusieurs couleurs réunies, pensées pour fonctionner ensemble, mais avec chacune sa propre personnalité. En les regardant, j’ai immédiatement eu envie de les faire se succéder en petites touches, sur un fond plus calme.

Louët serait donc une marinière.

Ou plutôt une nouvelle Mariannière.

Revenir aux rayures, autrement

J’aime revenir régulièrement aux rayures parce que leur apparente simplicité laisse beaucoup de place à la création.

On peut modifier leur largeur, leur rythme, leur nombre ou leur emplacement. On peut travailler avec deux couleurs seulement ou réunir une multitude de minis. La construction du vêtement suffit ensuite à transformer complètement leur allure.

Pour Louët, j’ai choisi un rythme très simple : huit rangs dans le coloris principal, suivis de deux rangs contrastants.

Ces rayures fines ponctuent le tricot sans prendre toute la place. Elles permettent surtout de jouer avec les couleurs du bouquet, en changeant de mini à chaque nouvelle rayure, ou de conserver un seul coloris contrastant pour une version plus sobre.

Le prototype est tricoté en Extra Sock de Bulbe Bizarre. Le coloris Pollen apparaît parmi les contrastes de ma version et lui apporte cette petite touche lumineuse qui avait immédiatement attiré mon regard dans le bouquet.

Une patte Henley pour dessiner l’encolure

Je ne voulais pourtant pas que Louët repose uniquement sur ses rayures.

Son détail principal est sa profonde patte Henley, ouverte au milieu du devant et fermée par une série de petits boutons. Elle prolonge l’encolure ronde et apporte une ligne verticale au milieu des bandes horizontales.

C’est ce contraste qui donne au modèle son identité.

Le pull commence par l’encolure et se tricote du haut vers le bas, avec une construction raglan. Le début du vêtement est travaillé à plat afin de former l’ouverture de la patte Henley. Le tricot est ensuite joint en rond une fois la profondeur souhaitée obtenue.

La bande de boutonnage est ajoutée plus tard, lorsque le corps est terminé. Il faut alors retrouver un équilibre précis entre la profondeur de l’ouverture, le nombre de boutons et leur espacement.

Ce sont des détails assez discrets lorsqu’on regarde le vêtement terminé, mais ils occupent une vraie place dans sa conception.

Trouver le bon volume

Louët est pensé comme un pull ample et enveloppant, avec environ 20 cm d’aisance positive.

Le corps reste généreux avant de se resserrer légèrement dans les côtes. Ce changement crée un tombé souple sans retirer le confort recherché.

Les manches trois-quarts suivent le même principe. Elles conservent du volume dans leur partie haute, puis s’affinent progressivement jusqu’aux poignets.

Je voulais une silhouette confortable, mais pas simplement large. Toute la construction repose donc sur cet équilibre : laisser suffisamment d’espace pour que le vêtement accompagne les mouvements tout en dessinant ses volumes grâce aux bordures et aux diminutions.

Le modèle est décliné en 16 tailles, pour des tours de buste du vêtement terminé allant de 100 à 182 cm.

Schéma technique montrant la construction de Louët vue de face et de dos
Construction du modèle Louët

Composer sa propre version

Louët est né d’un bouquet précis, mais le modèle n’impose pas une seule manière d’associer les couleurs.

Les rayures contrastantes peuvent être réalisées avec plusieurs minis, avec les restes de projets précédents ou avec un seul coloris. Une palette très douce donnera un résultat fondu. Des contrastes plus francs feront davantage ressortir le rythme des rayures et la patte Henley.

C’est aussi ce que j’aime dans cette construction : le patron pose un cadre, mais chaque choix de couleurs vient raconter une histoire différente.

Comme toutes mes Mariannières, Louët porte le nom d’un phare. Et comme elles, il reprend les codes de la marinière pour les emmener ailleurs, à travers une nouvelle forme, un nouveau rythme et un nouveau détail de construction.

Louët arrivera bientôt sur vos aiguilles.

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